Covid-19, Journal d’un confiné

Mars 2050.

Mon journal commence aujourd’hui, le 10 mars 2050

Bien que confiné chez moi, je me dis que j’ai de la chance. J’ai un endroit sûr où vivre cette épreuve. Ce qui n’est pas le cas de tous. Le nombre de violence conjugale augmente, les sans-abris se retrouvent exposés plus que jamais. Je me fais ces réflexions alors que de ma fenêtre je vois passer un sans-abris, enfin je le vois plutôt errer à la recherche de nourriture. Avec le confinement, impossible de faire la manche. Des voisins mettent des bacs avec de la nourriture dehors, une belle initiative, je vais y mettre aussi quelques vivres. La façon dont nous nous comportons aujourd’hui en dit long sur notre société, le peu de réactivité des autorités s’oppose aux initiatives individuelles d’entraide. Encore ce matin, à la radio, il parlait des victimes de violence, et comment une femme a utilisé un code d’alerte dans sa pharmacie. Les quartiers les plus pauvres sont les plus touchés par le covid. Des habitats exiguës, des emplois sous-payés qui aujourd’hui se révèlent indispensables à tous. On se dit civilisé, mais le sommes nous vraiment ?

Journal d’un confiné – Jour 17

Quand on lit ça aujourd’hui on a du mal à y croire. Les initiatives individuelles initiées durant la crise ont perduré et se sont renforcées. La justice sociale a été un des premiers combats après la crise. Ce monde ne pouvait plus durer. L’idée d’un monde plus juste, moins inégalitaire était pressante. La révolte a été dure et amère. Les gens ne réclamaient pas une égalité aveugle. Ils voulaient un monde équitable ou les plus faibles étaient aidés par ceux qui à ce moment-là en avaient les moyens. Évidemment le partage était une chose inimaginable pour les ultrariches, il a fallu se battre. Nous essayons aujourd’hui de garder un certain équilibre de vases communicants. Ce n’est pas toujours facile. L’être humain a ses côtés sombres. Il faut régulièrement remettre les choses à plat. Revoir le système quand les relations de pouvoirs se remettent à émerger. Enseigner l’empathie, réévaluer les urgences et les priorités en local comme en global. Surtout dans ce contexte de dérèglement climatique (les effets d’années de laisser aller continuent à se sentir même si cela aurait pu être encore bien pire) ou les pays et régions sont touchés les uns après les autres. Mais nous tenons bon. Personne ne doit être laissé pour compte.